La Chanson du Mois : Lola des Kinks

Pour la chanson du mois de Juin, j'ai eu envie de vous raconter une anecdote cocasse histoire de se marrer un peu en ce début d'été (je dis ça parce qu'il fait 30° aujourd'hui #pourvuqueçadure).
Très souvent, nous les français et notre talent pour l'anglais, on adore des chansons anglophones sans comprendre véritablement le sens ou en tout cas certaines subtilités. Il n'y a pas si longtemps, j'écoutais Lola des Kinks, balade pop de 1970 plutôt sympathique et pleine de fraicheur. Sauf que Lola, un peu comme Bobby McGee, n'est pas exactement celle que l'on croit à la première écoute (et en n'étant pas bilingue !). Avant toute chose, il faut savoir que les Kinks, groupe britannique à succès du début des années 60 (comme les Who ou les Small Faces) n'ont pas connu de succès depuis Sunny Afternoon en 1966 et ont vécu une véritable traversée du désert de 4 ans.
En 1970, ils décident de faire un come back et sortent le single Lola qui sera suivi du très bon album "Lola versus Powerman and the Moneygoround" (cf les titres Strangers et This Time Tomorrow).
Le single Lola marque donc le grand retour des Kinks dans les charts puisqu'il sera classé n°2 en Angleterre et n°9 aux Etats-Unis. Pourtant ce titre aurait pu être un vrai échec commercial puisqu'il aborde un sujet peu approprié pour l'époque... De prime abord , quand on écoute la chanson, on imagine que Ray Davis (auteur et chanteur des Kinks) raconte sa rencontre avec une certaine Lola dans un club de Soho à Londres. Sauf que lorsqu'on écoute vraiment les paroles (si besoin il y a Google Traduction), un doute vient s'installer quant à l'identité de Lola...
Dans la chanson, Ray Davis explique qu'il ne comprend pas pourquoi Lola marche comme une fille mais parle comme un homme : " Well, I'm not a dump but I can't understand why she walked like a woman and talked like a man". Il continue d'ailleurs en racontant qu'elle lui brise le dos quand elle le sert dans ses bras : "When she squeezed me tight she nearly broke my spine" ou encore "I asked her name and in a dark brown voice she said, Lola"
Voilà voilà, on a donc tous compris (enfin j'imagine) que Lola est en réalité un homme, qui plus est, un travesti. La légende dit même que Lola ferait référence à Candy Darling, une actrice travestie américaine ayant joué dans certains longs-métrages comme  Flesh en 1968 ou La mort de Maria Malibran en 1971.
Là tout de suite, on n'est plus du tout sur la petite balade pop naïve comme nous avaient si bien habitué les Kinks. Pendant des années, beaucoup ont cru que Ray Davis parlait de lui dans cette chanson car il aurait eu une courte relation avec Candy Darling, rumeur qu'il continue toujours de nier. D'ailleurs, il a fini par lever le voile sur les origines de cette chanson puisque l'histoire de Lola lui aurait été inspirée par le manager des Kinks : 
"Robert dansait avec cette femme et nous a dit "Je suis vraiment sur un coup les mecs !". Tout semblait normal jusqu'à ce que nous partions vers 6h du matin. Un détail attira alors mon attention, et je lui en ai immédiatement fait part en lui demandant : "est-ce que tu as remarqué que sa barbe commence à pousser ?". Il m'a juste répondu "Ouais !", mais il était beaucoup trop saoul pour y prêter attention."
Si vous suivez attentivement nos articles sur les chansons du mois, vous avez dû vous rendre compte que les anecdotes qui inspirent les artistes sont toujours très cocasses et très très souvent tirées d'histoires vraies.
Cette chanson, au thème inattendu et plutôt risqué pour l'époque aurait pu créer une polémique mais finalement fut un vrai succès et un come back réussi pour les Kinks. Il est vrai qu'en 1970, malgré la libéralisation sexuelle, parler d'homosexualité restait encore un sujet tabou. Cette chanson fut un véritable fer de lance et influença de nombreux groupes de rock à parler librement d'homosexualité.
Merci qui? Merci les Kinks !

1 commentaire

Aussi intéressant que Wikipedia Bravo

Juin-Hublier Monique 20 juin 2019

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