Le Bandana : l'Odyssée d'un Insolent

Le Bandana, c'est un peu l'accessoire qui transcende les décennies et les cultures avec cette pointe d'insolence qu'on adore. 

Un jour, on m'a demandé si je portais des bandanas pour rendre hommage à Tupac... Moi ?? Cette question m'a beaucoup fait rire car ce n'était pas du tout une vanne. Comme si Tupac, (je n'ai vraiment rien contre ce rappeur, au contraire il reste une vraie référence) serait à l'origine du Bandana ! Je me suis finalement dit qu'une explication sur les origines du bandana pourrait être intéressante et je n'ai pas du tout été déçue. C'est vrai que le bandana se retrouve aussi bien chez les rappeurs que chez les rockeurs mais pas que. A travers mes différentes recherches, j'ai découvert avec surprise que le bandana ne servait pas uniquement d'accessoire de mode pour avoir l'ai cool et rebelle. Il pouvait même avoir des utilités plutôt ... intéressantes !

Commençons par l'origine étymologique, bandana provient de l'hindi "bandhnu" qui signifie "attacher"/"nouer". Ce terme fait aussi référence à une méthode traditionnelle de teinture de tissus. Au fil des siècles, le mot bandhnu aurait été absorbé par le Portugais au XVIIème siècle puis par l'Anglais au XVIIIème siècle pour devenir "BANDANA".

Les motifs que l'on retrouve sur les bandanas classiques sont des motifs dits "Paisley" comme la ville écossaise et sont d'inspiration iranienne. Bien que le bandana tire ses origines premières d'Inde en tant que mouchoir coloré, il devient surtout populaire en Europe dès le XVIIIème siècle. En Andalousie par exemple, les paysans sévillans l'arboraient sur la tête. D'ailleurs cette mode des carrés de coton en Occident pousse l'entrepreneur écossais Henry Monteith à créer sa propre usine de "Bandanas". Et voilà, le bandana comme on le connait aujourd'hui est né. Il y a encore et toujours un débat sur les origines du qui a créé le bandana en premier mais de manière purement arbitraire j'ai décidé de trancher en faveur de ce bon vieux Monteith (et puis parce que j'aime bien l'Ecosse).

 

Mais alors comment le bandana est devenu l'accessoire indispensable des cowboys lors de la conquête de l'Ouest au XIXème siècle?

Précédemment, je vous ai parlé très brièvement des paysans sévillans. Et bien vous avez votre réponse : ce sont les colons espagnols qui ont amené les bandanas sur le continent américain. Il fut rapidement adopté par les gauchos de la pampa argentine et brésilienne mais également par les vaqueros mexicains puis par les cowboys américains.

Les cowboys ont en premier lieu utilisé les bandanas pour se protéger de la poussière lorsqu'ils accompagnaient les troupeaux. Ils arboraient généralement le bandana sur leur nez ou autour de leur cou en le pliant en forme triangulaire. Les Westerns des années 50 et 60 ont popularisé ce carré de tissu en coton. Comme très souvent, le cinéma joue un rôle très important dans la popularisation des pièces et accessoires iconiques. Un grand big up à Clint Eastwood et John Wayne qui ont sublimé le bandana et l'ont rendu ultra cool.

 Les gangsters ont aussi repris le bandana pour dissimuler leurs visages lors de braquages. C'est vrai que le bandana c'est beaucoup plus stylé qu'un collant en nylon qui te fait ressembler à une tête de gland !

Dans les années 30, les mineurs américains arboraient également le bandana pour couvrir bouche et nez afin d'éviter la saleté et la poussière. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le bandana fait aussi parti du vestiaire des employées civiles de l'US Army (à l'instar de Rosie the Riveter), puis ensuite il devint l'un des accessoires favoris des pin-ups durant les fifties.

 

 

 

Le code Bandana à partir des années 70

Le bandana débarque dans les communautés hippies, en particulier aux Etats-Unis.  On l'arbore avec des motifs imprimés et porté en bandeau sur la tête chez les filles comme chez les garçons. C'est d'ailleurs à cette même époque que le bandana se transforme en langage codé au sein de la communauté homosexuelle : on l'appelle "LE CODE BANDANA".

Allez on est sympa, on va lever le mystère sur ce mystérieux "code bandana". C'est très simple, il suffit de laisser dépasser son bandana de sa poche arrière, s'il est à gauche cela signifie que la personne est active et à droite qu'elle est donc passive. La couleur du bandana a également son importance puisqu'il existe un code couleur pour désigner les pratiques fétiches des personnes. Petit exemple : le bandana noir signifie que la personne est plutôt orientée SM. Finalement le code bandana est beaucoup plus rapide et efficace que Grindr!

Le bandana, un accessoire culte dans la culture musicale mais pas seulement...

Beaucoup associent le bandana à la musique, porté par les styles rock et hip hop. Chez les rockeurs, on le noue généralement au poignet, particulièrement les guitaristes car il leur permet de garder leurs poignets au chaud. D'ailleurs, le bandana est une des pièces maîtresses chez les Hardrockeurs, surtout dans les années 80 quand ce courant musical état à son apogée à l'instar d'Axel Roses, leader des Guns'n roses qui le porte fièrement sur la tête.

Dans les années 90, les rappeurs portent eux aussi le bandana, surtout sur la tête #tupac. Aux Etas-Unis, le bandana est depuis les années 60 un signe d'appartenance à un gang en fonction de sa couleur, ce qui explique son importance dans l'image du gangsta rap.

Il n'y a pas que dans le milieu de la musique où le bandana a la cote puisque toujours dans les années 90, on le retrouve aussi bien chez les cyclistes comme Marco Pantani que chez les tennismen tel qu'André Agassi. Les sportifs portent le bandana en bandeau sur la tête pour éviter d'être gênés par la transpiration mais aussi pour se protéger du soleil.

On l'aura compris, le bandana est une pièce très singulière de part son côté éclectique, intergénérationnel et pour l'image insolente qu'il dégage. Finalement, une pièce intemporelle qui donnera toujours du style et l'air cool.

PS : pour ceux qui se demandent pourquoi je n'ai pas parlé du chanteur "rockeur et rebelle " Renaud, ambassadeur français du bandana. Sachez que c'était un choix complètement assumé de ma part, histoire de ne pas remuer le couteau dans la plaie de la tristesse musicale du "rock" français.

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